Participation | Dan Monah: La mise à feu rituelle de quelques habitats Cucuteni

Dan Monah

La mise à feu rituelle de quelques habitats Cucuteni

‘Human Impact on Natural Environment in the Neo-Eneolithic of South-Eastern Europe’ International Colloquium

24–26 November 2012, Piatra-Neamț, Romania

Dès les premières fouilles des habitats Cucuteni et Tripolye, les archéologues ont été surpris par l’intensité des brûlages des vestiges. Cela a conduit les chercheurs ukrainiens et russes à considérer que les plate-formes brûlées des habitations étaient des bûches pour l’incinération des cadavres. Cette hypothèse a été abandonnée suite à des fouilles plus amples qui ont établi qu’il s’agissait en fait de planchers en torchis construits sur une plate-forme de poutres en bois. Plusieurs hypothèses ont été proposées au cours des années pour expliquer l’intensité des incendies des habitats Cucuteni. Parmi celles-ci on peut rappeler la mise à feu intentionnelle des seules plateformes, la combustion de la plate-forme et des parois, suivie d’une réparation des parois avec du torchis, l’incendie non-intentionnelle des habitations et même de tout un habitat. En fin, Vsevolod Marchevici a formulé l’hypothèse que les habitats Cucuteni-Tripolye étaient incendiés périodiquement comme mesure d’hygiénisation ou après les épidémies. Face à ces hypothèses divergentes il ne restait qu’à entreprendre des expériences afin d’élucider le mystère des incendies des villages Cucuteni. Commeles premières expériences faites avec des maquettes de dimensions réduites n’ontpas fourni des informations édificatrices, de nouvelles expériences, réalisées cette fois-ci avec des habitations de dimensions habituelles ont été mises en place. Les expériences de Poduri-Dealul Ghindaru et du Parc Archéologique de Cucuteni nous ont convaincu que pour une combustion semblable à celles qu’on retrouve dans les fouilles, le bois d’une habitation était largement insuffisant, même si on prend en considération l’effet cumulé des mises à feu de plusieurs constructions. En se basant sur les informations fournies par les fouilles archéologiques et les expériences menées à Poduri, l’auteur propose l’hypothèse que les villages des cultures Precucuteni et Cucuteni étaient incendiés à des fins rituelles au terme d’un cycle d’environ cinquante ans.